À l’occasion de la remise des doléances au Chef de l’État, ce jeudi 1er mai, le Secrétaire général national du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (SYNPICS) , Moustapha Cissé a fait son allocution en abordant les défis des travailleurs. «Dans le secteur public, nous voyons des professionnels des médias confrontés à des injustices structurelles : salaires suspendus, reclassements ignorés, affectations arbitraires. Dans le secteur privé, la situation n’est guère meilleure : absence de protection sociale, retards de paiement, et mépris des conventions collectives. Ces réalités ne sont pas uniquement des atteintes aux droits des travailleurs. Elles affaiblissent l’indépendance et la vitalité de notre presse, et par là même, notre souveraineté », a fait remarquer le successeur de Bamba Kassé, au Palais de la République.
Sur ce, il fera savoir au Chef de l’État Bassirou Diomaye Diakhar Faye, «Mais, Monsieur le Président, nous ne sommes pas ici pour nous contenter de décrire les symptômes. Nous sommes ici pour construire, ensemble, les solutions ».
Moustapha Cissé de soutenir que le nouveau bureau du SYNPICS porte une ambition claire avec une «presse bien organisée, équitablement régulée, mais toujours indépendante ». Voici l’intégralité de son discours
Aujourd’hui, en ce 1er mai 2025, nous écrivons une nouvelle page de l’histoire du Sénégal. Cette date, chargée de symboles et d’espoirs, transcende une simple célébration des travailleurs. Elle est un appel à la transformation, un moment pour oser rêver et bâtir, ensemble, un avenir qui incarne pleinement nos aspirations nationales.
Monsieur le Président, au cœur de ce nouveau chapitre, un principe fondamental guide notre réflexion : la souveraineté. Dans un monde aux équilibres incertains, la souveraineté est à la fois un bouclier protecteur et un levier puissant. Elle est la traduction de notre capacité à maîtriser notre destin, à affirmer nos valeurs et à mobiliser nos propres ressources pour répondre aux besoins de notre peuple.
C’est dans cet esprit, Monsieur le Président, que nous vous lançons aujourd’hui un appel. Un appel à une rupture audacieuse, à une vision inspirante et à une ambition partagée, portée par la conviction que la presse, pilier de notre démocratie, doit devenir un acteur clé de la souveraineté nationale.
Excellence, Monsieur le Président,
L’histoire du Sénégal est celle d’un peuple résilient, qui a toujours su se mobiliser face aux défis. La presse, depuis l’aube de notre indépendance, a été une force essentielle dans ce combat. Elle a éclairé les consciences, amplifié les luttes, protégé la vérité. Mais aujourd’hui, cette presse, ce quatrième pouvoir, est à la croisée des chemins.
Dans le secteur public, nous voyons des professionnels des médias confrontés à des injustices structurelles : salaires suspendus, reclassements ignorés, affectations arbitraires. Dans le secteur privé, la situation n’est guère meilleure : absence de protection sociale, retards de paiement, et mépris des conventions collectives. Ces réalités ne sont pas uniquement des atteintes aux droits des travailleurs. Elles affaiblissent l’indépendance et la vitalité de notre presse, et par là même, notre souveraineté.
Mais, Monsieur le Président, nous ne sommes pas ici pour nous contenter de décrire les symptômes. Nous sommes ici pour construire, ensemble, les solutions.
Excellence, Monsieur le Président,
Le nouveau bureau du SYNPICS porte une ambition claire : une presse bien organisée, équitablement régulée, mais toujours indépendante. Une presse qui s’inscrit pleinement dans le cadre de la souveraineté nationale. Cette vision repose sur trois piliers essentiels :
1. L’indépendance structurelle : Une presse libre ne peut exister si elle est soumise à des pressions économiques ou politiques. Nous appelons à une régulation impartiale, à la transparence dans les financements et à un respect strict des statuts professionnels.
2. La valorisation des acteurs : Les journalistes et techniciens des médias ne sont pas de simples exécutants, ce sont des bâtisseurs de vérité. Leur travail doit être sécurisé, reconnu et protégé. Cela passe par la formalisation des contrats, le respect des droits sociaux, et l’investissement dans leur formation.
3. La transformation numérique et éthique : À l’heure où l’information circule à la vitesse de la lumière, il est impératif de doter notre presse des outils modernes nécessaires pour relever les défis du numérique. Mais cette transformation doit s’accompagner d’une rigueur éthique, car une presse souveraine est aussi une presse responsable.
Excellence, Monsieur le Président,
La souveraineté ne peut être partielle. Une nation souveraine contrôle non seulement ses ressources naturelles et ses institutions, mais aussi ses narrations, ses voix, ses vérités. La presse est au cœur de cette maîtrise. Une presse souveraine est une presse libre, mais organisée. Une presse régulée, mais jamais instrumentalisée.
C’est pourquoi, alors que nous nous approchons de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 03 mai, nous vous invitons à faire de cette date un point de départ historique. Que cette journée devienne le symbole d’un nouvel élan pour la presse sénégalaise, un moment où nous affirmons ensemble notre engagement pour une presse forte, digne et résolument souveraine.
Excellence, Monsieur le Président,
En vous remettant ces doléances, nous n’exprimons pas seulement des revendications ; nous partageons une vision. Une vision où le Sénégal, fidèle à son héritage de démocratie et de justice, deviendra un modèle en Afrique et dans le monde pour la protection et la valorisation de sa presse.
Que ce 1er mai 2025 marque le début d’une transformation profonde, une transformation où la presse sénégalaise ne sera pas un simple spectateur des changements, mais un acteur central de leur réalisation.
Pour terminer, je voudrais attirer votre attention sur le budget 2024 du CORED qui n’est pas disponible, plombant le travail de l’organe d’autorégulation. Il en est de même pour la Commission de la carte nationale de presse qui n’a pas produit une seule carte depuis un an, avec le retard de l’appui de l’État.
Vive le Sénégal,
Vive la liberté de la presse,
Vive les professionnels des médias