Dakar, 11 février 2026 (VIBRACTU) – Ce n’est pas une source que j’ai perdue.
Ce n’est pas un informateur.
C’est un ami. Un frère.
Georges Déthié Diop n’était pas “ma source sûre”. Il était bien plus que ça. C’était un homme droit. Un travailleur infatigable. Un confrère généreux. Propre dans sa démarche. Propre dans son travail. Propre dans sa loyauté.
Samedi après-midi, je l’ai appelé une première fois.
Il n’a pas décroché.
Quelques instants plus tard, comme à son habitude, c’est lui qui me rappelle.
Toujours cette courtoisie. Toujours cette élégance professionnelle.
« Bouba Dieng, désolé, j’ai raté ton appel. J’étais en train d’enregistrer le Grand Jury qui va passer demain. »
C’était ça, Georges.
Le professionnel.
Le rigoureux.
L’homme qui respecte le métier et respecte les autres.
Je l’avais appelé pour vérifier une information sur Keur Massar. D’autres versions circulaient. Je voulais être sûr.
Quand Georges confirmait quelque chose, c’était vrai. Je pouvais le publier sans hésiter. Sa parole était solide.
Il ne m’appelait jamais Boubacar Kambel Dieng.
Encore moins Kambel.
Pour lui, j’étais « Bouba Dieng ».
Et dans sa voix, il y avait toujours cette fraternité simple.
On passait des heures au téléphone. Des heures.
On parlait d’actualité, oui. Mais aussi de la vie. Du métier. Des difficultés. Des ambitions.
Il me considérait comme son frère.
Je le considérais comme le mien.
À chaque fois qu’un ami, un proche, cherchait une invitation sur RFM Matin, j’appelais Georges. Il ne fermait jamais la porte. S’il ne pouvait pas immédiatement, il proposait un autre moment. Il facilitait. Il aidait. Sans calcul.
Georges, c’était la concurrence saine.
Georges, c’était l’ami de tout le monde.
Georges, c’était la loyauté dans un milieu parfois dur.
Ce matin encore, je l’ai écouté.
Je ne rate jamais son journal.
Je me suis garé au bureau. Il avait déjà commencé celui de 7 heures.
Quand j’ai entendu ses titres, je n’avais pas envie de descendre du véhicule. Je suis resté là. Juste pour terminer le journal. Attendre 7h10.
Comme si quitter la voiture, c’était accepter qu’il ne serait plus là demain.
Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un professionnel qui s’en va.
C’est une voix familière.
C’est un frère qui ne dira plus « Bouba Dieng ».
C’est un numéro que je ne composerai plus.
C’est moi qui ai perdu.
J’ai perdu un ami.
J’ai perdu un confrère.
J’ai perdu un frère.
Georges, tu étais discret mais immense.
Infatigable mais humble.
Gentil sans calcul.
Ton départ laisse un vide. Un vrai vide.
Que Dieu t’accueille dans Sa lumière.
Et qu’Il apaise nos cœurs brisés.
Repose en paix, mon frère.
BKD…











