Dakar Music Expo 2026 : au cœur des dynamiques et des défis de l’industrie musicale africaine

À Dakar, la 7ᵉ édition du DMX s’annonce comme un carrefour stratégique entre création, formation et circulation internationale des musiques africaines
À quelques jours de l’ouverture de la 7ᵉ édition du Dakar Music Expo (DMX), prévue du 26 au 29 mars 2026,

l’effervescence est déjà palpable dans la capitale sénégalaise. C’est dans le cadre emblématique de Institut français de Dakar que s’est tenue la conférence de presse officielle de lancement, réunissant acteurs culturels, journalistes et amateurs culturels autour d’un même objectif : affirmer la place de Dakar comme hub incontournable de l’industrie musicale africaine.

Face à la presse, plusieurs figures majeures ont pris la parole pour éclairer les enjeux de cette édition : Doudou Sarr, initiateur et directeur du festival, Valérie Lesbros, Laurent Viguié, ainsi que Alioune Badara Mané, modérateur des échanges. Une conférence de presse placée sous le signe de l’engagement culturel . Valérie Lesbros a donné le ton avec un mot de bienvenue empreint de conviction. Elle a salué la constance et la pertinence du DMX, devenu en quelques années un rendez-vous structurant pour les professionnels de la musique en Afrique de l’Ouest. Insistant sur le rôle de l’Institut français comme partenaire historique, elle a rappelé l’importance de soutenir les initiatives qui favorisent la circulation des artistes et des idées. Prenant la parole, Laurent Viguié a exprimé sa satisfaction quant à la longévité du partenariat entre la France et le DMX. « Sept ans de collaboration, ce n’est pas anodin », a-t-il souligné, mettant en avant un engagement durable au service des industries culturelles et créatives. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les ponts entre les scènes africaines et européennes dans un contexte où la musique africaine connaît une reconnaissance internationale sans précédent. Dans son rôle de modérateur, Alioune Badara Mané a su rythmer les échanges avec pertinence, facilitant un dialogue fluide entre les intervenants et les journalistes, tout en mettant en lumière les enjeux médiatiques liés à la visibilité du festival. Doudou Sarr, architecte d’un projet structurant . Doudou Sarr Figure incontournable de l’industrie musicale sénégalaise, également connu pour son rôle de manager de Youssou N’Dour, il a retracé les ambitions profondes du DMX. « Le DMX, ce n’est pas seulement quatre jours d’événement. C’est un travail de terrain, de formation et de transmission qui se fait toute l’année », a-t-il affirmé. Ancien enseignant et traducteur-interprète de formation, Doudou Sarr revendique une approche pédagogique de son engagement. Il insiste sur l’importance de former les jeunes générations d’acteurs culturels, notamment ceux issus des banlieues dakaroises, souvent en quête de repères et d’opportunités. Dans un discours sans langue de bois, il a également pointé du doigt le manque de soutien structurel des institutions publiques sénégalaises, tout en saluant les rares accompagnements obtenus. « Sans l’Institut français, il n’y aurait pas de DMX », a-t-il déclaré, appelant la presse à jouer un rôle de relais et de plaidoyer pour une meilleure reconnaissance du festival. Un programme riche au croisement des enjeux contemporains. Pensé comme un véritable marché professionnel, le DMX 2026 propose une programmation dense mêlant réflexion stratégique et diffusion artistique. Les panels aborderont des thématiques cruciales telles que la mobilité des artistes africains, entravée par des contraintes administratives et logistiques, ou encore la professionnalisation du secteur musical à travers des dispositifs de formation. Des intervenants de renom comme Samba Diaité, Anselme Sawadogo, Luc Mayitoukou ou encore Hassane Kouyaté viendront nourrir les débats, apportant des perspectives croisées sur les réalités du terrain. Les conférences et panels se tiendront dans la salle de cinéma de Institut français de Dakar, tandis que les ateliers investissent différents espaces du site, favorisant une immersion totale des participants.La musique en partage . Au-delà des discussions, le DMX reste avant tout un festival. Chaque soir, le public pourra découvrir une programmation éclectique à travers des concerts et showcases organisés au Petit Théâtre, au Théâtre de Verdure et dans des lieux partenaires comme le Just for You. Ces performances mettront en lumière la richesse et la diversité des musiques africaines, offrant une vitrine précieuse aux artistes émergents comme confirmés. Une ouverture internationale affirmée. L’une des grandes forces du DMX réside dans sa capacité à attirer des professionnels du monde entier. Cette année, 25 directeurs de festivals et programmateurs membres du European Jazz Network seront présents à Dakar. Une participation stratégique, comme l’a souligné Doudou Sarr : « Ces trois représentants du réseau, à eux seuls, touchent plus de 500 festivals en Europe. ». Une opportunité unique pour les artistes africains de se connecter à des circuits de diffusion internationaux et d’exporter leur musique au-delà du continent. Le speed meeting : catalyseur de carrières. Moment phare du DMX, le speed meeting professionnel, prévu le samedi matin, permettra aux artistes et porteurs de projets de rencontrer directement des programmateurs, producteurs et agents. Ce format B2B, devenu incontournable, favorise la concrétisation de collaborations et l’accès à de nouvelles scènes. Pour beaucoup, il représente un véritable tremplin vers une carrière internationale. Design et création visuelle à l’honneur. Cette édition accorde également une place importante aux arts visuels avec le Pop Up Dakar Design, en collaboration avec NuNu Design. Des créateurs comme Selly Raby Kane ou From Dakar Fabrics viendront enrichir cette dimension transversale du festival. Par ailleurs, une exposition dédiée aux couvertures du magazine Songlines retrace plus de deux décennies de mise en lumière des musiques africaines à travers le monde. Un espace de structuration pour l’avenir Au fil des années, le Dakar Music Expo s’est imposé comme un outil de structuration essentiel pour l’industrie musicale en Afrique de l’Ouest. En réunissant artistes, professionnels et institutions, il crée un espace de dialogue, de formation et de projection vers l’avenir. Comme l’a résumé Doudou Sarr avec conviction : « Le DMX est aujourd’hui l’un des salons les plus crédibles du continent en termes de conversion réelle pour les artistes. » Dakar, capitale culturelle en mouvement . À travers le DMX, Dakar confirme son statut de capitale culturelle dynamique, ouverte sur le monde et résolument tournée vers l’avenir. Dans un contexte global marqué par la montée en puissance des musiques africaines, le festival apparaît comme un levier stratégique pour accompagner cette évolution. Plus qu’un événement, le Dakar Music Expo est devenu un mouvement, une plateforme vivante où se dessinent les contours de l’industrie musicale de demain. Et à l’aube de cette 7ᵉ édition, une certitude s’impose : la musique africaine n’est plus en marge, elle est au centre. Et Dakar en est l’un des cœurs battants.

Fatou Ba

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