LA CHRONIQUE DE BKD – Motsepe à Dakar et Rabat : patati, patata… et puis rien, une montagne de discours, une souris de décisions

Dakar, 10 avril 2026 (42e Numéro) – Patrice… Motsepe… et puis patati, patata.

À Dakar, la visite du président de la Confédération Africaine de Football, Patrice Motsepe, a fait beaucoup de bruit. Beaucoup de mots. Beaucoup d’attentes aussi. Mais au final, une impression tenace : on a beaucoup parlé… sans vraiment avancer.

Le contexte, lui, est lourd. Une finale de CAN 2025 remportée par le Sénégal sur le terrain, puis perdue sur décision juridique après un coup de théâtre. Depuis, le dossier est pendant devant le Tribunal Arbitral du Sport. Une bataille juridique qui dépasse désormais le rectangle vert.

Et pendant ce temps, un autre dossier, plus humain, plus urgent, reste en suspens : celui des 18 supporters sénégalais pris en otage au Maroc.

À Dakar, Patrice Motsepe est venu avec une mission claire : apaiser. Il a rencontré les autorités, échangé avec les acteurs du sport, multiplié les gestes d’ouverture. Le ton était posé, presque rassurant. Il a insisté sur le respect des institutions, sur l’indépendance des décisions, et sur l’engagement de la CAF à se conformer au verdict final du TAS.

Mais sur la question la plus attendue — celle des supporters — le message est resté le même : privilégier la voie diplomatique. Autrement dit, la CAF observe… mais ce sont les États qui doivent agir.

Ensuite, direction le Maroc. Et là encore, même posture. Même prudence. Motsepe parle de crédibilité, de respect, de stabilité. Il appelle à préserver l’image du football africain, à éviter l’escalade. Il reconnaît la tension, dit sa déception face à l’ampleur de la crise, mais reste fidèle à sa ligne : ne pas trancher, ne pas brusquer.

Entre Dakar et Rabat, le discours ne change pas vraiment. C’est une diplomatie d’équilibre, presque une ligne de crête. Parler à tout le monde, sans froisser personne. Rassurer, sans s’engager totalement.

Au fond, que retenir de cette tournée ? Une constante : beaucoup de communication, mais peu de décisions concrètes. Une volonté d’apaisement, oui… mais sans réponse forte aux attentes immédiates.

Alors oui, Patrice… Motsepe… mais au final, patati, patata.

Une visite très attendue, qui se termine comme une montagne qui accouche d’une souris. Parce que pendant que les discours s’enchaînent, les vraies réponses, elles, se font toujours attendre.

Et au-delà du football, au-delà des règlements et des institutions, il reste cette réalité simple : des supporters, des familles, une attente. Et celle-là, elle ne peut pas rester éternellement suspendue à des mots.

Boubacar Kambel Dieng

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