(CAN 2025) – Halte aux célébrations : tant que 18 des nôtres sont en prison, la fête est indécente(Par Boubacar Kambel DIENG)

Quand j’ai vu cette image, j’ai été profondément écœuré. J’ai eu mal.
Mal de voir des Sénégalais, drapés de nos couleurs, menottés, encerclés, le regard lourd. Cette photo m’a rappelé une vérité que certains veulent ignorer : tout le monde n’est pas en fête.

Oui, le Sénégal a gagné la CAN. Oui, le peuple est heureux. Oui, la victoire a été célébrée.
Hier, le trophée était à Bambey, chez le président de la Fédération sénégalaise de football.
Aujourd’hui, il est à Rufisque, chez le président de la Ligue professionnelle. La coupe circule, les sourires aussi.

Mais pendant ce temps, 18 Sénégalais sont toujours derrière les verrous à Rabat, en attente de jugement, à la suite des incidents survenus lors de la finale. Dix-huit compatriotes privés de liberté. Dix-huit familles dans l’angoisse. Dix-huit supporters qui ont, d’une manière ou d’une autre, contribué à pousser les Lions vers ce sacre.

On peut dire qu’on a gagné notre finale sportive.
Mais eux, ont-ils gagné la leur ?
La réponse est non.

On ne peut pas mélanger le bonheur et le malheur.
On ne peut pas danser pendant que des nôtres souffrent.
Continuer la fête dans ces conditions, c’est faire preuve d’indifférence.

Il faut siffler la fin de la récréation.
Suspendre les célébrations.
Se mobiliser clairement pour leur libération.

Le jour où ces 18 Sénégalais rentreront au pays, alors oui, on ira les accueillir à l’aéroport avec la coupe. On les portera comme des héros, comme des Lions.
Après seulement, la fête pourra reprendre.

Mais pas maintenant.
Pas tant que 18 des nôtres dorment en prison.

BKD…

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