Cinéma, audiovisuel et création numérique : trois jours pour dessiner l’avenir du secteur sénégalais

Clôture de l’atelier d’orientation du Plan stratégique 2026-2030 à la Place du Souvenir africain

Après trois journées d’échanges intenses, de réflexions collectives et de débats stratégiques, l’atelier national d’orientation pour l’élaboration du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique au Sénégal (2026-2030) a officiellement pris fin à la Place du Souvenir africain. Une cérémonie de clôture solennelle présidée par le Secrétaire d’État à la Culture, Dr Bakary Sarr, a marqué la conclusion de cet important rendez-vous qui a rassemblé professionnels du secteur, institutions publiques, universitaires, producteurs, techniciens et acteurs culturels.

Durant trois jours, du 10 au 12 février, quatre groupes de travail thématiques ont exploré les enjeux majeurs de l’industrie cinématographique sénégalaise : gouvernance, formation et patrimoine, production et diffusion, ainsi que réflexion stratégique globale. La cérémonie finale a permis aux présidents des groupes et aux rapporteurs de présenter leurs conclusions devant une assemblée attentive, témoignant d’une volonté commune de bâtir un secteur structuré, compétitif et durable. Une cérémonie de clôture sous le signe de la concertation et de l’engagement. Dans une atmosphère à la fois solennelle et conviviale, la Place du Souvenir africain a accueilli professionnels et autorités pour la restitution des travaux. L’événement a symbolisé l’aboutissement d’un processus participatif, basé sur l’écoute et la co-construction. Les interventions successives des représentants des ateliers ont mis en lumière la richesse des discussions, les divergences constructives et la convergence vers une vision stratégique commune. Les participants ont souligné que cet atelier constitue une étape décisive pour inscrire le cinéma et l’audiovisuel dans une dynamique économique structurante, capable de générer de l’emploi et de renforcer la souveraineté culturelle du Sénégal. Les débats ont également révélé la nécessité d’adapter les cadres juridiques et institutionnels aux réalités numériques contemporaines. Atelier 4 : Gouvernance, structuration et développement de l’industrie cinématographique Le groupe 4, consacré à la gouvernance et à la structuration du secteur, a présenté un rapport dense fruit d’un travail collaboratif impliquant juristes, responsables d’associations professionnelles et experts du cinéma. La gouvernance a été abordée comme un enjeu transversal touchant l’ensemble des dimensions du secteur. Réformes institutionnelles et cadre réglementaire . Les discussions ont mis en évidence la nécessité de clarifier les responsabilités institutionnelles, d’améliorer la transparence dans l’attribution des subventions et de renforcer les systèmes d’évaluation des projets financés. La révision de la convention collective et l’actualisation des lois existantes ont été jugées prioritaires pour moderniser l’environnement juridique.
Le groupe a également proposé l’intégration des plateformes de streaming dans le dispositif réglementaire, la création d’un système digital centralisé et la réforme des mécanismes de classification des œuvres, notamment en lien avec la protection des jeunes publics.
Structuration professionnelle et financement . Parmi les recommandations majeures figurent la définition du statut du technicien, la création d’une fédération des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel et la mise en place de normes professionnelles harmonisées. Le groupe a plaidé pour des mécanismes financiers innovants, notamment un fonds de garantie pour faciliter l’accès aux crédits bancaires, des incitations fiscales pour l’exploitation des salles et la contribution des télévisions au financement de la production nationale.
Décentralisation et infrastructures. La reconnaissance des maisons de production régionales, la création de pôles cinématographiques territoriaux et le développement de salles de proximité ont été proposés pour renforcer l’ancrage territorial du cinéma sénégalais. L’organisation d’un festival international du cinéma et la création d’une école nationale du cinéma ont également fait consensus. Atelier 1 : Formation, recherche, patrimoine et transmission. Le premier atelier a mis l’accent sur la formation et la préservation du patrimoine audiovisuel. Les participants ont constaté des avancées importantes ces dernières années mais aussi des défis persistants liés à la formation technique, à la recherche et à la conservation des archives. Formation et capital humain
Le manque de coordination entre les structures de formation et l’absence d’éducation à l’image dans les programmes scolaires ont été identifiés comme des obstacles majeurs. Les participants ont recommandé la création d’une école nationale des métiers du cinéma et la mise en place d’un répertoire national des formations et des professionnels. Ils ont également plaidé pour des formations décentralisées dans les régions, des programmes de formation continue et l’introduction de quotas favorisant la participation de professionnels sénégalais sur les tournages internationaux. Patrimoine et archivage.La dispersion des archives audiovisuelles, l’insuffisance des infrastructures de conservation et le manque de compétences spécialisées ont été largement discutés. Les recommandations incluent la numérisation des œuvres analogiques, la création de centres d’archivage modernes et le développement de programmes de formation en archivistique audiovisuelle.
Atelier 2 : Production, exploitation, diffusion et accès aux œuvres . Le groupe consacré à la production et à la diffusion a insisté sur la nécessité de structurer un véritable marché du film au Sénégal. Les discussions ont porté sur l’amélioration de la distribution nationale, l’accès du public aux œuvres et la création d’écosystèmes favorables aux industries culturelles et créatives. Les participants ont recommandé le renforcement du réseau de salles de cinéma, l’allégement fiscal pour les exploitants et la mise en place de mécanismes de soutien à la diffusion internationale des films sénégalais. L’accent a été mis sur l’importance de la circulation des œuvres à l’échelle régionale et internationale. Atelier 3 : Réflexion stratégique et cadre de développement . L’atelier stratégique a adopté une méthodologie participative basée sur l’analyse SWOT afin d’identifier les forces, faiblesses, opportunités et menaces du secteur. L’objectif principal était de définir des orientations à court, moyen et long terme pour faire du cinéma un levier économique majeur. Les discussions ont souligné la nécessité d’une gouvernance inclusive, d’une coordination entre acteurs publics et privés et d’une politique nationale cohérente pour soutenir la croissance de la création numérique et audiovisuelle. Un discours de clôture tourné vers l’avenir Dans son allocution finale, le Secrétaire d’État à la Culture, Dr Bakary Sarr, a salué l’engagement des participants et la qualité des contributions. Il a rappelé que ces travaux s’inscrivent dans la vision stratégique nationale portée par les plus hautes autorités de l’État et visent à positionner le cinéma sénégalais comme un moteur de transformation économique et culturelle. Il a insisté sur l’importance de transformer les recommandations en actions concrètes et de maintenir une dynamique de concertation permanente avec les professionnels du secteur..Une étape fondatrice pour le futur du cinéma sénégalais La cérémonie de clôture a marqué la fin d’un processus intense mais aussi le début d’une nouvelle phase : celle de la mise en œuvre des recommandations. Les participants ont exprimé leur espoir de voir émerger une industrie cinématographique structurée, inclusive et compétitive à l’échelle internationale. Au-delà des débats techniques, ces trois jours ont permis de renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté professionnelle déterminée à faire rayonner la création sénégalaise. Les propositions issues des ateliers témoignent d’une volonté collective d’adapter le secteur aux mutations numériques, d’encourager la formation des jeunes talents et de préserver le patrimoine audiovisuel national. vers une nouvelle ère du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique. En clôturant cet atelier, les autorités et les professionnels ont posé les bases d’une stratégie ambitieuse pour la période 2026-2030. Gouvernance renforcée, formation structurée, infrastructures modernisées et mécanismes de financement innovants constituent les piliers d’un plan appelé à transformer durablement le paysage audiovisuel sénégalais. La Place du Souvenir africain, théâtre de cette rencontre historique, restera comme le symbole d’un moment charnière où les acteurs du secteur ont uni leurs forces pour imaginer un avenir commun. Désormais, l’enjeu sera de traduire ces réflexions en politiques publiques concrètes et en projets opérationnels capables de faire du cinéma sénégalais un véritable moteur de développement culturel et économique.

Fatou Ba

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