Le système éducatif Sénégalais est profondément paralysé et personne ne s’en émeut vraiment. Des enseignants insatisfaits, et estimant être dans leur bon droit s’accordent toute liberté de perturber les enseignements-apprentissages pour motif de non-respect des accords signés par l’Etat du Sénégal. Les autorités étatiques en charge du secteur comme les acteurs de celui-ci sont d’ailleurs tous des pilleurs de notre école publique et non ses bâtisseurs. Les parents d’élèves pareillement sont tous des complices silencieux d’une faillite de notre école qu’il faut désormais et en toute urgence sauver d’un naufrage certain dont notre peuple va en payer le prix d’ici dix, vingt voire même plus de trente ans.
Acteur engagé dans l’école publique, j’en arrive au constat suivant marqué par la mauvaise foi de toutes les parties prenantes, faisant comme s’il n’y avait pas péril en la demeure ; « Le système éducatif sénégalais est un leurre institutionnel assis sur une hypocrisie socioculturelle et une imposture intellectuelle inqualifiable ».
Les autorités s’intéressent au pourcentage surévalués considérant la quantité plutôt que la qualité, les chiffres indicatifs référés aux séries appréciées prenant uniquement en compte les résultats globaux sans analyser combien dans une série ont dès le premier tour engrangé des notes conséquentes calculées selon les dominantes pour dégager une masse critique faisant correspondre le profil de compétence de la série et les performances réalisées par les apprenants dans les dominantes, l’expérience du Baccalauréat indiquant qu’exceptionnellement en S1 le premier tour a l’avantage d’un taux de réussite massif.
L’école devenant une mode plutôt qu’un mode de vie, les parents ou la société, tous acceptent qu’en tant que rite de passage il faut que les apprenants s’y rendent. Toute opportunité de réussite pouvant en être espérée, quelque échec ouvre des possibilités hors de son champ. Cela a pour conséquence des classes pléthoriques dont le désastre ambiant est loin de produire des résultats probants.
Enfin, la crise de l’emploi justifiant le rush vers un corps jadis exigeant en rigueur et en vertu, les acteurs de l’école, la plupart pour des raisons de survie, comme des automates déroulent leurs programmes trouvant l’occasion de se dédouaner de l’échec de leurs apprenants, frappés comme ils disent de nullité endémique. Les enseignants de vocation se remettent en cause quand l’échec de leurs apprenants est massif. Les enseignants de circonstance au lieu d’en pleurer en rient et se défaussent sur les parents et l’Etat. A première vue les apprenants sont les victimes. A long terme c’est le Sénégal le grand perdant, puisque le temps du travail rompu nous situe hors du circuit de compétition qui engage les pays en quête d’émergence.
Pr Alioune Diery Niane








