Lors de l’examen du projet de loi n°15/2025 sur la déclaration de patrimoine, l’honorable Maimouna Bousso a livré un discours incendiaire qui restera dans les annales parlementaires. Face au ministre et à ses collègues, elle a rappelé que la transparence, pilier du programme porté par le PASTEF, n’était pas un luxe mais une exigence vitale, trop longtemps retardée. “Pourquoi avoir attendu autant de temps ?” a-t-elle lancé, rappelant que ce combat pour la justice et la moralisation de la vie publique est la véritable raison de la présence des élus dans l’hémicycle. Pour elle, ce projet de loi n’est pas isolé, mais s’inscrit dans une logique globale de réforme, où la déclaration de patrimoine et la liberté d’informer se complètent afin de protéger les lanceurs d’alerte et mettre fin à l’impunité.
Maimouna Bousso n’a pas mâché ses mots en retraçant le prix payé par le peuple sénégalais. Elle a évoqué le 30 août 2016, date à laquelle Ousmane Sonko fut radié de la fonction publique, pour avoir osé dénoncer des dérives : une radiation qui, selon elle, aurait été empêchée si les lois discutées aujourd’hui avaient existé. “Les Sénégalais ont donné leur vie, leur liberté et leurs biens pour que cessent les détournements de fonds destinés aux hôpitaux et à l’éducation”, a-t-elle martelé. Pour l’honorable députée, le crime financier est la racine du mal : c’est lui qui a déclenché les soulèvements, éveillé les consciences, et poussé une génération entière à s’engager en politique pour mettre fin à la domination d’une bourgeoisie prédatrice.
Son discours a pris des accents de plaidoirie historique lorsqu’elle a relié directement les crimes économiques aux violences physiques subies par la jeunesse sénégalaise. “C’est pour masquer ces détournements que nos bourreaux ont tiré sur nos enfants, qu’ils ont tué nos fils et nos filles”, a-t-elle accusé, dénonçant des décennies de crimes d’État. Pour Maimouna Bousso, il ne s’agit pas seulement de voter une loi, mais de rendre justice : “En sanctionnant les voleurs et détourneurs, nous saurons ensuite qui a tué.” Dans un appel vibrant, elle a exhorté le peuple à accompagner le ministre dans ce combat, affirmant que ces réformes sont la concrétisation des sacrifices consentis et des promesses faites. Un discours de feu, qui place la lutte contre la corruption au cœur de la renaissance politique du Sénégal.