Le vernissage du Concours Artistique ECOFEST 2025 enflamme la Galerie Nationale d’Art de Dakar
Des regards venus de toute l’Afrique de l’Ouest. En franchissant les portes de la Galerie Nationale d’Art, vibrant de la création africaine contemporaine, le visiteur pénétrait dans un monde où la peinture, la sculpture et la photographie prenaient la parole pour dire l’essentiel : la paix, la diversité culturelle, la poésie sociale, les espoirs et les blessures du continent.
C’est dans cette atmosphère de ferveur artistique et diplomatique que s’est tenu le vernissage officiel du Concours Artistique d’ECOFEST 2025, un rendez-vous majeur du Festival Ouest-Africain des Arts et de la Culture, organisé pour la première fois à Dakar après plus de vingt années de quête d’une terre d’accueil. Sous les regards attentifs des ministres, commissaires culturels, partenaires institutionnels, créateurs venus de plusieurs pays de la CEDEAO, et d’un public nombreux, un sentiment rare flottait dans l’air : La création artistique devenait un acte politique, un acte de paix, un acte d’unité.Dès les premières minutes du vernissage, le ton a été donné par M. Jacob Leung, Président de la Commission d’Exposition, « Nous tenons à dire merci à l’État sénégalais, qui a bien voulu accepter de recevoir le Festival Ouest Africain des Arts et de la Culture, Ecofest, parce que ça fait plus d’une vingtaine d’années que ce festival cherche une destination. Et c’est vraiment avec joie que nous nous retrouvons à Dakar aujourd’hui. » Un hommage vibrant aux institutions culturelles africaines Leung poursuit en remerciant les acteurs institutionnels qui ont permis l’organisation de ce concours : Le Ministre de la Culture du Sénégal, présent au premier rang ; Le Secrétaire d’État à la Culture, très applaudi ; Les délégations ministérielles venues du Nigeria, du Burkina Faso, du Cap-Vert, du Bénin, de la Guinée, du Togo, du Ghana et d’ailleurs ; La CEDEAO et l’UEMOA, initiatrices historiques du festival. Dans ses mots, transparaît la reconnaissance sincère envers les États membres qui ont accepté d’accompagner l’aventure. « Merci aussi à tous les chefs de délégation qui ont effectué le déplacement pour accompagner leurs participants. » La soirée réunit plusieurs artistes, sélectionnés pour représenter la richesse des expressions visuelles de la sous-région. Peintres, photographes, sculpteurs, plasticiens multimédias : tous ont apporté une part de leur histoire, de leur mémoire, de leur territoire. La galerie devient ainsi une carte vivante de l’Afrique de l’Ouest, chaque œuvre étant une région, une voix, un fragment d’identité. Le Président de la Commission rappelle que, dans le projet initial, chaque artiste devait produire deux œuvres : une création sur le thème Paix – Poésie sociale – Diversité culturelle ; Une œuvre réalisée en atelier à Dakar. Si les lauréats ne seront dévoilés que lors du dîner gala, le travail du jury a été mené en toute indépendance, avec le soutien d’un consultant de la CEDEAO, garant de la transparence. Neuf prix seront remis : 3 en peinture, 3 en sculpture, 3 en photographie, avec des récompenses respectives de 10 000 $, 5 000 $ et 2 000 $. Au-delà des chiffres, c’est la reconnaissance institutionnelle de la place des arts dans la construction de la paix et de l’intégration régionale qui a marqué les esprits. Après sa visite minutieuse de l’exposition, le ministre Amadou Ba a livré un discours vibrant, empreint d’histoire et de lucidité sur les défis du continent. Ses mots ont profondément touché le public : « Nous voyons à travers cette exposition toute la créativité africaine. Un tableau, une sculpture parle beaucoup plus que les discours. » Il y a vu un miroir des douleurs du passé esclavage, colonisation, conflits post-indépendances , mais aussi un tremplin vers un futur plus apaisé : « Il est temps que le renouveau de l’Afrique soit le créneau de tous les États. Les peuples sont prêts. L’avenir de l’humanité est en Afrique. » Un hommage appuyé aux artistes a conclu son intervention, saluant leur travail, leur déplacement et leur engagement. Dakar, point de départ d’une nouvelle dynamique culturelle ouest-africaine Cette soirée aura incarné ce que l’art réussit mieux que tout : rassembler, raconter autrement, transformer la douleur en vision, et la vision en action . Dans un contexte continental où les aspirations à la paix, à l’intégration et à l’expression artistique sont plus fortes que jamais, ECOFEST 2025 prend une dimension stratégique. Le ministre l’a formulé avec force : « Espérons que le festival de Dakar sera le point de départ d’une nouvelle émulation culturelle qui va unir tous les peuples d’Afrique. » Une promesse que Dakar, le Sénégal et toute l’Afrique de l’Ouest ont désormais la responsabilité collective de porter plus loin.
Fatou Ba











