Au Théâtre National Daniel Sorano, l’Afrique a refermé une semaine de célébrations, d’engagement et de réflexion, portée par la puissance transformatrice de la culture
Théâtre National Daniel Sorano. Comme un phare culturel, accueille la cérémonie officielle de clôture d’ECOFEST 2025, première édition du Festival Ouest-Africain des Arts et de la Culture.
Dès l’entrée, une foule bigarrée, élégante, vibrante de conversations, épouse les pas cadencés des nombreux artistes, officiels, journalistes culturels, chercheurs, commissaires d’exposition et jeunes créateurs venus célébrer la fin d’une semaine dense, engagée et mémorable. Une semaine où : les mutations politiques, les crises qui traversent la sous-région, le rôle de la culture dans la recomposition des imaginaires, ont occupé le centre du débat intellectuel. Pour présider cette soirée chargée de symboles, Monsieur Amadou Ba, Ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, à ses côtés, deux personnalités majeures : M. Mamadu Serifo Jaquite, Commissaire au Développement Humain de l’UEMOA, Prof. Fatou Sow Sarr, Commissaire au Développement Humain et Affaires Sociales de la CEDEAO, ainsi que de nombreux partenaires institutionnels et diplomatiques. La cérémonie débute par les allocutions protocolaires qui inscrivent l’événement dans une perspective diplomatique, culturelle et stratégique. Les prises de parole de l’UEMOA et de la CEDEAO rappellent l’ambition du projet : faire d’ECOFEST un espace de dialogue, de création et de circulation culturelle à l’échelle régionale. Les institutions partenaires saluent : le courage des États de soutenir la culture dans un contexte géopolitique tumultueux, l’importance de protéger le patrimoine, l’urgence de redonner sens aux récits collectifs, et la nécessité de penser la culture non comme un luxe, mais comme un levier de résilience, de cohésion et de souveraineté. Au cours des cinq jours précédents, ECOFEST a mobilisé débats intellectuels, vernissages, concours artistiques, performances multidisciplinaires et rencontres intergénérationnelles. Le thème directeur « Mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la culture ? » a été interrogé sous tous les angles. Panels, interventions universitaires, dialogues entre artistes, projections documentaires, jam sessions : le festival a été un véritable laboratoire. Les jeunes, très nombreux dans les salles et sur les scènes, ont été au cœur de cette dynamique. Leur énergie a imprégné les échanges et réaffirmé un message puissant : l’avenir se construira avec eux ou ne se construira pas. La cérémonie de clôture n’est pas un simple protocole final : elle se veut un spectacle total, un hommage vibrant à la diversité artistique d’une région riche d’expressions. Les petits fils percussionnistes du Grand Tambour-Major feu Doudou Ndiaye Coumba Rose . Leur prestation est à la fois simple et immensément symbolique : la jeunesse porte l’héritage du plus grand percussionniste d’Afrique. Les tambours résonnent comme des battements d’espoir. Bideew Bu Bess : la poésie musicale d’une génération. Ils chantent l’Afrique, ses douleurs, ses renaissances, ses rêves.Un spectacle multidisciplinaire avec le FESNAC, un spectacle total, mêlant danse, théâtre, musique live, poésie et performance corporelle, réalisé en collaboration avec le Festival National des Arts et Cultures (FESNAC). La scène devient laboratoire. Une danseuse contemporaine traverse une troupe traditionnelle. Des comédiens slameurs côtoient des griots. Au cœur de l’événement se trouve la remise solennelle des Prix ECOFEST 2025, décernés dans les catégories : Peinture, Photographie et Sculpture. Chaque participant reçoit une attestation officielle de participation, symbole d’inclusion, de reconnaissance et de soutien aux créateurs émergents. Pour les trois premiers lauréats de chaque catégorie : 1ᵉʳ Prix : 10 000 USD , 2ᵉ Prix : 5 000 USD, 3ᵉ Prix : 2 000 USD, Les remises créent des instants chargés d’émotion. Des larmes, des rires , des accolades, des caméras tendues.
D’une voix posée mais portée par l’émotion, le ministre Amadou Ba a rendu hommage à la jeunesse, « cœur battant » du festival, rappelant que : « Vous avez démontré que l’heure de l’Afrique n’a jamais cessé de sonner.Vous avez les yeux rivés sur l’horloge de l’Afrique. » Il a souligné le rôle central de la culture comme levier politique, social et identitaire : « La culture n’est pas un simple divertissement. Elle est une force politique, une force de réunion, de réconciliation et de refondation. » Le ministre a ensuite invité les institutions régionales à renforcer leur soutien à la création : « Notre patrimoine ne survivra pas si nos États ne s’engagent pas à le protéger et à le subventionner substantiellement. Protégeons nos trésors avant de chercher à les vendre. » Son hommage au comité d’organisation, au Secrétaire d’État chargé de la Culture Bakary Sarr, aux partenaires techniques et financiers, et surtout aux artistes, a été longuement salué. Enfin, la phrase attendue, celle qui scellait officiellement l’histoire : « Je déclare, au nom de la République du Sénégal, la première édition du Festival Ouest-Africain des Arts et de la Culture ECOFEST, clôturée. Le rendez-vous est pris pour la deuxième édition. » La première édition d’ECOFEST se referme, mais quelque chose demeure : une énergie, une certitude, une dynamique irréversible. La culture ouest-africaine vient d’affirmer sa puissance. La jeunesse vient d’inscrire son empreinte. Les institutions viennent de sceller un engagement durable.
Fatou Ba













