À Dakar, une conférence de presse historique lance la première édition du Festival Ouest-Africain des Arts et de la Culture, rassemblant la CEDEAO, l’UEMOA et les acteurs majeurs du secteur autour d’une vision panafricaine renouvelée.
À l’auditorium du Musée des Civilisations Noires, le Sénégal a officiellement lancé la première édition du Festival Ouest-Africain des Arts et de la Culture (Ecofest), un projet imaginé il y a près de 39 ans par un Sénégalais, soumis à la CEDEAO, mais qui ne trouve pleinement sa concrétisation que cette année, dans la capitale sénégalaise.
Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Ba, a présidé cette rencontre aux côtés de personnalités de haut rang, notamment Madame Fatou Sow Sarr, Commissaire chargée du Développement humain et des Affaires sociales de la CEDEAO, Bakary Sarr, Secrétaire d’État à la Culture, ainsi que le Directeur de la Culture. Cette synergie d’acteurs illustre la portée régionale, politique et symbolique d’un festival qui ambitionne de devenir un jalon majeur dans l’intégration culturelle ouest-africaine.
Dans une allocution chaleureusement accueillie par l’assistance, le ministre Amadou Ba a livré un discours dense, vibrant et porteur d’espoir, revenant sur les fondements mêmes d’Ecofest, ses ambitions, ses enjeux, et la responsabilité du Sénégal dans la préservation et la valorisation du patrimoine ouest-africain. Il a d’emblée adressé ses remerciements à la CEDEAO et à l’UEMOA, partenaires stratégiques dans l’organisation de cet événement d’envergure : « Votre confiance renouvelée envers le Sénégal témoigne de la reconnaissance et de l’engagement de notre nation pour le rayonnement culturel de l’Afrique de l’Ouest. » Revenant sur la genèse d’Ecofest, le ministre a rappelé que ce festival est né d’une volonté partagée par les chefs d’État ouest-africains : faire de la culture un levier d’intégration régionale, de dialogue sociétal et de développement socio-économique. « Ecofest incarne notre vision d’une Afrique de l’Ouest unie dans sa pluralité, fière de son héritage et tournée vers l’avenir », a-t-il insisté. Pour Amadou Ba, accueillir Ecofest s’inscrit dans une ambition plus large : positionner le Sénégal comme un leader régional des industries culturelles et créatives (ICC). Le ministre a mis en lumière les efforts du gouvernement dans la structuration du secteur culturel 🙁 FOPICA) Fonds de développement des cultures urbaines et des industries créatives,FDCU . Ces instruments illustrent un engagement étatique fort, destiné à renforcer l’écosystème créatif et à offrir aux artistes une plateforme solide pour se développer. L’architecture organisationnelle d’Ecofest se distingue par une gouvernance collaborative entre le Sénégal, la CEDEAO et l’UEMOA. Le ministre a salué la présence d’un commissaire général détaché par les deux institutions, garant d’une coordination fluide et d’un festival véritablement régional. La jeunesse constitue l’un des piliers majeurs de cette première édition. « Ils sont le présent et l’avenir de notre scène culturelle », a affirmé Amadou Ba, promettant un espace de visibilité inédit pour les jeunes créateurs des 15 pays membres. Ecofest entend devenir une vitrine panafricaine, un lieu de rencontres professionnelles, de formation, de créativité et de valorisation des talents émergents. Placée sous le thème « Mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la culture ? », cette première édition interroge le rôle des arts face aux turbulences socio-politiques qui traversent la région. Du 30 novembre au 6 décembre 2025, Dakar se transformera en capitale de la culture ouest-africaine, accueillant des milliers de participants, d’artistes, de troupes, d’experts, de chercheurs et de journalistes. Conférences, performances artistiques, expositions, rencontres professionnelles et échanges intellectuels rythmeront cette semaine décisive. Le Sénégal, fidèle à sa réputation, promet un accueil chaleureux, digne de sa célèbre Teranga. Toutes les dispositions logistiques, sécuritaires, diplomatiques et culturelles seront mises en place pour assurer la réussite de cet événement fédérateur. Le ministre a lancé un appel aux médias : « Portez le message d’Ecofest au-delà de nos frontières. Ensemble, faisons de cette première édition un succès retentissant qui inspirera les générations actuelles et futures. » Entre mémoire historique, ambition contemporaine et vision panafricaine, Ecofest 2025 marque un tournant. Né de l’imagination d’un visionnaire sénégalais il y a presque quatre décennies, ce projet s’incarne enfin, porté par une nouvelle génération d’acteurs engagés et par une région résolument tournée vers l’innovation culturelle. Le Sénégal, en accueillant cette première édition, renforce sa position de carrefour culturel régional, tout en ouvrant un nouveau chapitre dans la coopération artistique ouest-africaine. Ecofest 2025 n’est pas seulement un festival : c’est un symbole, un pont entre les peuples, un espace de renaissance et d’espérance pour toute l’Afrique de l’Ouest.
Fatou Ba













