Depuis 2006, la Coopérative d’habitat des travailleurs de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD 4 Keur Massar) détient un terrain de 10 hectares, morcelé en 456 parcelles. Les membres de ladite coopérative alertent sur les manœuvres de « grands bandits à col blanc » qui, selon eux, seraient appuyés par des autorités mal intentionnées pour s’approprier illégalement leurs parcelles. Ils en appellent au président Bassirou Diomaye Faye pour garantir la protection de leur foncier.
« Nous ne réclamons pas des parcelles individuelles de façon isolée, mais bien l’ensemble des 10 hectares », explique El Hadji Moussa Gueye, vice-président de la coopérative, au micro d’iRadio. « Une fois le bail global délivré, nous pourrons obtenir le titre foncier. Or, aujourd’hui, le terrain immatriculé fait l’objet d’un tiraillement entre les services des Impôts et Domaines de Pikine et de Rufisque, et la mairie de Rufisque, qui revendiquent tour à tour leur droit de propriété sur le site. Alors que c’est l’État qui a procédé à l’immatriculation après nos démarches », ajoute-t-il.
El Hadji Moussa Gueye souligne que la contestation porte avant tout sur la signature du bail. « Le terrain est désormais immatriculé, mais certains acteurs, dans l’ombre, bloquent encore la délivrance du bail global en affirmant que le site se trouve dans le département de Pikine », dénonce-t-il.
Selon lui, ils ont été initialement affectés à Gnakourab. « Comment l’État pourrait-il nous attribuer un terrain et nous dire ensuite “comme cela ne vous plaît pas, installez-vous ailleurs” ? Nous ne sommes pas des occupants illégaux , c’est l’État lui-même qui nous a amené ici. » Face à cette situation, les membres de la coopérative réclament la délivrance sans délai de leurs baux individuels. « Nous voulons pouvoir jouir librement de nos parcelles, y construire et y vivre dignement avec nos familles », conclut El Hadji Moussa Gueye.