Le maestro du Super Diamono fait vibrer la presse et le monde culturel lors d’une séance d’écoute exclusive, entre rétrospective musicale, hommage aux Forces de Défense et de Sécurité et annonce d’un concert d’exception.
Ce sont des rendez-vous qui dépassent le simple cadre promotionnel pour devenir des moments de mémoire collective, de réflexion citoyenne et de communion culturelle. La séance d’écoute exclusive organisée par Omar Pène ce lundi au Just For You de Dakar appartient incontestablement à cette catégorie rare. En prélude à son grand concert « Le Bal des Connaisseurs », prévu le 24 décembre 2025 au Grand Théâtre national, l’icône du Super Diamono a convié la presse, les acteurs culturels et plusieurs personnalités du monde institutionnel à une immersion au cœur de ses deux nouveaux projets musicaux : « Fàttaliku » et « FDS ».
Dans une atmosphère feutrée, chaleureuse et empreinte de respect, l’événement s’est imposé comme un temps fort de la vie culturelle dakaroise de cette fin d’année, confirmant une fois de plus la place singulière qu’occupe Omar Pène dans le patrimoine musical et moral du Sénégal. Un lieu, une symbolique, une rencontre Le choix du Just For You, espace culturel devenu au fil des années un carrefour d’expressions artistiques intergénérationnelles, n’a rien d’anodin. Plus qu’un restaurant ou une scène musicale, le lieu incarne cette volonté de transmission et de dialogue entre générations que porte Omar Pène depuis toujours. Autour de lui, journalistes, producteurs, responsables culturels, artistes et invités institutionnels ont répondu présents. Parmi eux, Monsieur Hugues Diaz, Directeur des Arts au ministère de la Culture, dont la présence a conféré à la rencontre une dimension officielle et symbolique forte. Dès les premiers instants, l’on comprend que cette séance d’écoute ne sera pas une simple présentation d’albums, mais bien un espace de parole, d’explication et de partage, fidèle à la démarche d’un artiste qui a toujours inscrit son œuvre dans le réel social et politique de son pays. « Fàttaliku » : cinquante ans de musique, de luttes et de vibrations Moment central de la rencontre, la mise en lumière de « Fàttaliku » qui signifie souvenirs a plongé l’assistance dans un voyage à travers cinquante années de carrière. Plus qu’un album, il s’agit d’une œuvre patrimoniale, d’un pont entre hier et aujourd’hui, entre les générations qui ont grandi avec le Super Diamono et celles qui découvrent encore la profondeur de ce répertoire. À travers des titres emblématiques tels que « Adama Ndiaye », « Jokko » ou encore « Massata », Omar Pène revisite des chansons devenues des marqueurs de l’histoire sociale sénégalaise. Ces morceaux, qui ont accompagné les grandes mutations du pays, les espoirs, les désillusions et les combats du quotidien, retrouvent une nouvelle respiration, sans jamais perdre leur âme originelle. L’artiste explique ce choix avec humilité : « J’ai plus de 600 chansons dans mon répertoire. Le choix n’a pas été facile. Nous avons sélectionné certains titres en respectant leur rythme, leur esprit, tout en ajoutant quelques touches pour parler à la nouvelle génération. » Dans « Fàttaliku », chaque note semble chargée d’histoire, chaque parole rappelle que la musique peut être à la fois archive vivante et outil de transmission. C’est là toute la force d’Omar Pène : savoir évoluer sans renier, moderniser sans effacer, transmettre sans figer. « FDS » : un hommage musical à ceux qui protègent la nation Mais l’émotion a pris une dimension particulière avec la présentation de « FDS », un album entièrement dédié aux Forces de Défense et de Sécurité du Sénégal : Forces armées, Gendarmerie nationale, Police nationale, Douane et Sapeurs-pompiers. Dans un contexte sous-régional marqué par l’instabilité et les tensions, cet opus résonne comme un message de reconnaissance, mais aussi de sensibilisation. Omar Pène y rend hommage à ces femmes et ces hommes qui, dans l’ombre ou au front, œuvrent quotidiennement pour la paix, la stabilité et la protection des populations. Prenant la parole, l’artiste revient sur la genèse du projet avec gravité et lucidité : « Nous vivons dans une période où il se passe énormément de choses dans la sous-région. Jusqu’à présent, le Sénégal est relativement épargné. Cela, nous le devons en grande partie à nos forces de défense et de sécurité. Il était important de leur rendre un hommage mérité. Loin d’une musique festive ou dansante, « FDS » se veut un album d’écoute, de réflexion. Les textes, écrits en collaboration avec les différents corps concernés , parfois en français, parfois en wolof , traduisent une volonté de fidélité aux réalités vécues sur le terrain.
« Ce sont eux-mêmes qui ont écrit les textes. J’ai tenu à respecter leur parole, leur langue, leur vécu. Parce que certaines musiques ne sont pas faites pour danser, mais pour écouter et comprendre », précise Omar Pène. À travers cet opus, l’artiste met également en lumière le concept armée-nation, rappelant que les forces de sécurité ne se limitent pas aux missions militaires, mais participent activement au développement du pays : construction d’infrastructures, structures sanitaires ouvertes aux civils, actions sociales. La parole institutionnelle : Hugues Diaz salue un « trésor humain »
Le message de Monsieur Hugues Diaz, Directeur des Arts, a apporté un éclairage institutionnel fort sur la portée de l’œuvre d’Omar Pène. Dans une allocution empreinte de respect, il a salué bien plus qu’un artiste : « Omar Pène n’est pas seulement un musicien. C’est un véritable régulateur social. Ses chansons parlent de nous, de nos préoccupations, de notre société. C’est cela le rôle de l’artiste. » Soulignant la capacité de renouvellement permanent du chanteur, Hugues Diaz a insisté sur la dimension citoyenne de ses projets récents, notamment l’album dédié aux Forces de Défense et de Sécurité : « Le beat, le rythme, mais surtout les messages profonds adressés à chaque corps montrent que nous avons affaire à un grand artiste, à un trésor humain au service de son État et de sa société. ». ont confirmé la reconnaissance officielle d’un parcours qui dépasse largement le cadre musical. Partenariats stratégiques : culture, économie et jeunesse Autre temps fort de la rencontre : la signature de partenariats entre Omar Pène, le Just For You et la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE). Un moment qui illustre la convergence entre culture et développement économique. Les responsables du Just For You ont rappelé leur engagement constant en faveur de la promotion des jeunes artistes, expliquant leur concept de programmation en deux temps : « Nous donnons d’abord la scène aux jeunes talents pour se faire connaître, avant de faire venir des artistes confirmés qui attirent le grand public. » Quant à la BNDE, présentée comme la seule banque à 100 % sénégalaise, avec 95 % de son capital détenu par l’État, elle a réaffirmé son rôle central dans le financement de l’économie nationale. Classée 4ᵉ sur 29 banques en termes de financement, l’institution voit dans ce partenariat bien plus qu’une opération de communication. « Ce partenariat avec Omar Pène est une rencontre de valeurs. La BNDE est au service du développement, de la jeunesse, de la diaspora. Omar Pène, lui, rassemble, éveille les consciences et porte haut l’identité sénégalaise », a souligné un responsable. À travers des galas, des tournées universitaires, des événements dans la diaspora et de grandes rencontres culturelles, la banque entend utiliser la culture comme levier de proximité, de fierté nationale et de rayonnement international. Un concert très attendu : « Le Bal des Connaisseurs » Toutes ces initiatives convergent vers un rendez-vous majeur : « Le Bal des Connaisseurs », le concert du 24 décembre au Grand Théâtre. Annoncé comme une grande traversée musicale, l’événement promet une relecture du répertoire d’Omar Pène, avec une place de choix accordée aux titres de « Fàttaliku » et « FDS ». Plus qu’un concert, il s’agira d’une célébration de la mémoire, de la paix et de la transmission, fidèle à l’esprit d’un artiste qui, depuis cinq décennies, fait de la musique un outil de conscience et de cohésion sociale. Omar Pène, une voix intemporelle À l’issue de la séance d’écoute, une certitude s’impose : Omar Pène continue d’écrire son histoire sans jamais se répéter. À 50 ans de carrière, il demeure un repère, une boussole culturelle, un patriote convaincu que l’art peut encore contribuer à bâtir la paix. Dans un monde en quête de sens, sa voix résonne comme un rappel essentiel : la musique n’est pas seulement un divertissement, elle est aussi mémoire, engagement et responsabilité.
Fatou Ba













