Quand les plumes se rencontrent : journalistes et écrivains sénégalais posent les bases d’une alliance culturelle historique

Au siège de Keur Birago, la rencontre entre l’Association de la Presse Culturelle du Sénégal et l’Association des Écrivains du Sénégal ouvre la voie à une convention inédite pour renforcer la visibilité de la littérature et du journalisme culturel.

Dans l’atmosphère feutrée et symbolique de Keur Birago, siège de l’Association des Écrivains du Sénégal, une rencontre empreinte de fraternité intellectuelle et d’ambition culturelle s’est tenue entre les membres du bureau de l’Association de la Presse Culturelle du Sénégal (APCS) et les membres de l’Association des Écrivains du Sénégal (AES).

Conduite par le président de l’APCS, Alioune Badara Mané, la délégation de journalistes culturels est venue saluer et échanger avec le président de l’AES, Abdoulaye Fodé Ndione, poète, écrivain et éditeur reconnu. Au-delà d’une simple visite de courtoisie, cette rencontre s’est révélée être un moment stratégique pour l’avenir de la promotion culturelle au Sénégal, marqué par des propositions concrètes de collaboration et la perspective d’une future convention entre les deux organisations. Une rencontre symbolique dans un lieu chargé d’histoire , Keur Birago est bien plus qu’un simple siège administratif. Ce lieu représente un espace de mémoire et de création pour les lettres sénégalaises. C’est ici que se croisent depuis des décennies écrivains, poètes, dramaturges et intellectuels qui façonnent l’imaginaire littéraire du pays. C’est dans ce cadre que les membres de l’APCS ont été accueillis par le bureau de l’AES, dans une ambiance chaleureuse mêlant respect institutionnel et convivialité. Abdoulaye Fodé Ndione , un homme de lettres et d’engagement . Poète, écrivain et éditeur, Abdoulaye Fodé Ndione est une figure respectée dans les milieux littéraires africains. Avant d’accéder à la présidence de l’AES, il occupait le poste de vice-président chargé de l’organisation. Son parcours dépasse largement le cadre national. Lors de la rencontre, il a exprimé son enthousiasme face à cette initiative de rapprochement avec les journalistes culturels. Selon lui, la littérature ne peut véritablement exister dans l’espace public sans l’accompagnement et la médiation des médias culturels.
L’APCS , un acteur clé de la médiation culturelle . Du côté des journalistes culturels, la délégation conduite par Alioune Badara Mané a rappelé le rôle central que joue la presse culturelle dans la valorisation des productions artistiques et littéraires. L’Association de la Presse Culturelle du Sénégal s’est donnée pour mission de promouvoir une information culturelle de qualité, de soutenir les initiatives artistiques et de renforcer les liens entre créateurs et médias. Cette visite au siège des écrivains s’inscrit dans une volonté claire , construire un pont durable entre ceux qui produisent les œuvres et ceux qui les racontent, les analysent et les diffusent auprès du public. Dans son intervention, Alioune Badara Mané a souligné l’importance de créer des mécanismes de collaboration structurés entre les deux organisations. Une rencontre riche en propositions Très rapidement, les échanges ont dépassé le cadre protocolaire pour s’orienter vers des propositions concrètes de collaboration. Plusieurs idées ont émergé au cours des discussions entre les membres des deux bureaux. Un dîner de rencontre entre journalistes et écrivains: Parmi les premières propositions figure l’organisation d’un dîner de rencontre entre les membres des deux associations. Cette initiative vise à créer un espace informel de dialogue où écrivains et journalistes pourraient échanger librement sur leurs projets, leurs visions et leurs préoccupations. Un tel moment de convivialité pourrait également favoriser la naissance de nouvelles collaborations éditoriales et médiatiques. Des débats de réflexion autour du livre. Autre proposition forte : l’organisation de débats de réflexion autour de la littérature, de la création et du rôle de l’écrivain dans la société contemporaine. Ces rencontres pourraient prendre la forme de conférences publiques, de panels ou de tables rondes réunissant écrivains et journalistes. L’idée est de créer des espaces d’échange intellectuel capables de nourrir la pensée critique et de renforcer la place du livre dans le débat public.
Dans ce cadre, les écrivains ont également évoqué la possibilité d’offrir des livres comme cadeaux symboliques lors de ces rencontres, afin de promouvoir la lecture et la découverte d’auteurs sénégalais. Un programme annuel de brunch littéraire. Une autre idée qui a suscité un grand intérêt est celle d’un programme annuel de brunch littéraire.
Ces rencontres sont organisées. périodiquement, permettraient de réunir écrivains et journalistes autour d’un moment convivial tout en discutant des actualités du monde littéraire. Ce format plus décontracté pourrait attirer un public plus large et contribuer à démocratiser les échanges autour du livre. La création d’un journal numérique commun. L’une des propositions les plus ambitieuses concerne la création d’un journal numérique porté conjointement par les deux associations. Ce média en ligne pourrait devenir une plateforme de référence pour l’actualité littéraire et culturelle au Sénégal. Il permettrait de publier des interviews d’écrivains. des critiques de livres; des reportages sur les événements culturels; des chroniques littéraires; des analyses sur les enjeux du secteur du livre; Un tel projet renforcerait la visibilité des écrivains sénégalais tout en offrant aux journalistes culturels un espace d’expression spécialisé. Vers une convention historique . Au cœur des discussions figure la perspective d’une convention officielle entre les deux associations. Cette future convention pourrait définir un cadre clair de collaboration autour de plusieurs axes : la promotion de la littérature sénégalaise. la couverture médiatique des activités de l’AES. l’organisation d’événements communs, la formation et les échanges professionnels. Pour préparer cette convention, les participants ont évoqué la création d’un comité restreint composé de journalistes et d’écrivains. Ce groupe de travail serait chargé d’élaborer les bases du partenariat et de proposer un calendrier d’actions communes. Combler le déficit de communication. Au cours de la rencontre, un constat important a également été partagé par les deux parties , le manque de communication autour des activités de l’Association des Écrivains du Sénégal. Plusieurs membres ont reconnu que de nombreuses initiatives littéraires restent parfois peu visibles dans les médias. Pour Abdoulaye Fodé Ndione, cette situation constitue un défi majeur. Il estime que la collaboration avec la presse culturelle peut permettre de mieux faire connaître les événements, les publications et les projets portés par les écrivains sénégalais. « Nous devons renforcer nos relations avec les journalistes culturels. La littérature a besoin de relais médiatiques pour toucher le public », a-t-il souligné. Un dialogue prometteur pour l’avenir culturel. Au terme de la rencontre, le président de l’AES a salué la démarche de l’APCS et encouragé la multiplication des échanges entre les deux organisations. Pour lui, cette visite marque le début d’un dialogue prometteur capable de transformer durablement les relations entre écrivains et journalistes. Du côté de l’APCS, la satisfaction était également palpable. Les participants ont souligné que cette rencontre pourrait constituer un tournant dans la manière dont la littérature est médiatisée au Sénégal. Une alliance au service de la culture. Dans un contexte où les industries culturelles africaines cherchent à renforcer leur visibilité et leur structuration, l’alliance entre journalistes et écrivains apparaît comme un levier stratégique. Les écrivains produisent des œuvres, des idées et des imaginaires. Les journalistes culturels les transmettent, les expliquent et les partagent avec le Public.

Fatou Ba

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