À travers le lancement officiel de l’Amicale Sénégal-Mauritanie, une dynamique populaire et historique s’affirme entre jeunesse, paix et développement
Entre mémoire partagée et ambitions d’avenir, le lancement officiel de l’Amicale Sénégal-Mauritanie (ASM) marque un tournant symbolique et stratégique dans les relations entre deux nations que tout rapproche. Plus qu’une simple organisation, l’ASM se présente comme un pont humain, culturel et économique entre le Sénégal et la Mauritanie, porté par une conviction forte : celle d’un peuple uni au-delà des frontières administratives. Au cœur de cette initiative, un homme et une vision : le docteur Mavelout Dieng, président du comité d’initiative, qui incarne cette volonté de retisser, consolider et projeter vers l’avenir des liens séculaires profondément enracinés dans les deux pays. Une initiative née de l’histoire et tournée vers l’avenir.
Le projet de l’Amicale Sénégal-Mauritanie ne surgit pas dans un vide. Il s’inscrit dans une continuité historique et sociologique qui dépasse les cadres institutionnels. Le Sénégal et la Mauritanie partagent bien plus qu’une frontière : ils partagent une mémoire, une spiritualité, des flux humains et des héritages culturels profondément imbriqués. Dans la vallée du fleuve Sénégal, berceau de civilisations anciennes, les peuples ont longtemps circulé librement, échangeant savoirs, traditions et croyances. L’islam, religion majoritaire au Sénégal, a notamment trouvé ses racines et son expansion à partir de la Mauritanie, où de nombreux érudits et guides religieux ont formé des générations entières de figures spirituelles sénégalaises. De Saint-Louis, ancienne capitale coloniale, à Nouakchott, capitale moderne en pleine expansion, les deux pays ont construit une relation faite de proximité et d’interdépendance. Un contexte politique favorable à la relance des relations bilatérales
Le lancement de l’ASM intervient dans un contexte diplomatique particulièrement propice. La récente visite officielle du président Bassirou Diomaye Faye en Mauritanie, où il a été chaleureusement accueilli par son homologue Mohamed Ould Ghazouani, a donné un nouvel élan à la coopération entre les deux pays. À cela s’ajoute un enjeu économique majeur : l’exploitation conjointe du champ gazier Grand Tortue Ahmim, symbole d’un partenariat stratégique appelé à transformer les économies nationales. Mais au-delà des États, l’ASM entend replacer les populations au centre de cette dynamique. Une vision populaire : replacer les citoyens au cœur de la coopération. « Les États font leur travail, et ils le font bien. Mais nous, peuples, devons jouer notre partition », a martelé le docteur Mavelout Dieng. L’Amicale Sénégal-Mauritanie se veut ainsi un cadre inclusif, fédérateur et participatif. Elle rassemble une mosaïque d’associations, d’acteurs communautaires, d’étudiants, d’entrepreneurs et de leaders d’opinion engagés dans la consolidation des liens entre les deux pays. Parmi les structures impliquées figurent notamment des organisations académiques, des associations de ressortissants, ainsi que des initiatives citoyennes œuvrant pour le dialogue interculturel et la coopération régionale. Une semaine historique à Nouakchott : immersion au cœur du projet. Point d’orgue de cette dynamique, la Semaine de l’Amicale Sénégal-Mauritanie, prévue du 23 juillet au 1er août 2026 à Nouakchott, s’annonce comme un événement d’envergure. Pensée comme un véritable carrefour d’échanges, cette semaine s’articulera autour d’un “village de l’Amicale”, installé en plein centre-ville de Nouakchott. Un espace multifonctionnel et populaire Loin des cadres élitistes, les organisateurs ont fait le choix d’un espace ouvert et accessible à tous. Ce village comprend : Un chapiteau dédié aux panels thématiques sur la jeunesse, la paix et le développement. Un grand podium pour des concerts d’artistes sénégalais et mauritaniens. Une foire économique favorisant les échanges commerciaux. Un salon d’exposants pour les rencontres B2B. Un espace de restauration incluant une zone VIP . Cette approche vise à favoriser une véritable communion populaire, loin des protocoles institutionnels. Une mobilisation transfrontalière inédite. L’événement débutera par une caravane reliant le Sénégal à la Mauritanie. Le départ est prévu à Dakar, avec un passage stratégique par Rosso, point névralgique des échanges entre les deux pays. Des centaines de participants sont attendus pour cette traversée symbolique, qui incarne l’esprit même de l’Amicale : franchir les frontières pour mieux se retrouver. Jeunesse, paix et développement : un triptyque fondateur. Le thème central de cette semaine « Jeunesse, paix et développement » traduit les ambitions profondes de l’ASM. La jeunesse comme moteur.Avec une population majoritairement jeune dans les deux pays, l’ASM entend sensibiliser et mobiliser cette génération autour des valeurs de tolérance, de coexistence pacifique et de coopération.
La paix comme socle . Dans une région sahélienne parfois marquée par des tensions, l’initiative se veut un rempart contre les divisions, en promouvant le dialogue et la compréhension mutuelle. Le développement comme horizon. À travers les échanges économiques, les partenariats et les opportunités d’affaires, l’ASM ambitionne de contribuer. concrètement au développement des territoires. Une dimension culturelle et spirituelle forte. Au-delà des aspects économiques et politiques, la dimension culturelle et religieuse occupe une place centrale. L’Amicale prévoit notamment des visites auprès des khalifes généraux au Sénégal et en Mauritanie, soulignant l’importance du soufisme et des autorités religieuses dans la structuration sociale des deux pays. Ces rencontres visent à renforcer les liens spirituels et à inscrire l’initiative dans une continuité historique profondément respectée par les populations. Une ambition assumée : vers une intégration renforcée
Dans ses déclarations, le docteur Dieng n’hésite pas à évoquer une vision audacieuse : celle d’une intégration encore plus poussée entre les deux pays, voire d’une union à long terme. Si cette perspective peut sembler utopique, elle traduit néanmoins une aspiration réelle à dépasser les frontières héritées de la colonisation pour retrouver une unité originelle. Un appel solennel aux peuples. Le lancement de l’ASM s’accompagne d’un appel vibrant à la mobilisation : « Nous invitons tous les Sénégalais et Mauritaniens à nous rejoindre. Venez vivre cette expérience unique, venez célébrer notre fraternité. » Cet appel s’adresse autant aux citoyens qu’aux médias, invités à documenter et valoriser les modèles de réussite issus de cette coopération. À l’heure où les défis régionaux exigent des réponses collectives, l’Amicale Sénégal-Mauritanie apparaît comme une initiative salutaire, ancrée dans les réalités sociales et portée par une volonté populaire. En redonnant la parole aux peuples, en valorisant les liens historiques et en projetant une vision commune de l’avenir, l’ASM pourrait bien devenir un modèle de coopération citoyenne en Afrique de l’Ouest. Entre Dakar et Nouakchott, ce n’est pas seulement une amicale qui naît. C’est une promesse : celle d’un avenir partagé, construit sur les fondations solides d’un passé commun.
Fatou Ba











