Journée internationale des musées « Une sorte d’immersion dans cette longue histoire de l’homme noir »
Le président de l’Union des Jeunes pour la Paix et la Nation africaine (UJPNA), Mahamadou Diouara, a effectué une visité, ce dimanche 18 mai, au musée des civilisations noires, à Dakar, en marge de la journée internationale des musées. Il a accordé une interview à la presse. Voici in extenso.
Est-ce que vous pouvez revenir sur l’objectif de votre visite au musée des civilisations noires ?
La visite d’aujourd’hui au musée des civilisations noires est une visite que nous avons effectuée suite aux échanges avec la direction du musée des civilisations. J’ai décidé d’organiser une visite de famille avec les enfants pour les imprégner un peu du processus d’évolution pour la paix et la nation africaine.
Donc le musée, à travers l’exposition qu’il organise à l’endroit des enfants, nous permet d’avoir une sorte d’immersion dans cette longue histoire de l’homme noir, d’abord, et noir en particulier, à partir du continent africain pour aller vers le reste du monde. Aussi, nous avons été marqués par une exposition particulière qui retrace un peu le parcours du PASTEF et la longue lutte et l’âpre combat que les militants du PASTEF ont livré pour permettre l’avènement de cette révolution démocratique ici au Sénégal. Les images sont totalement captivantes.
Quelles sont vos impressions ?
Mes impressions sont très bonnes. C’était une visite très enrichissante. Pour moi-même, en tant que socio-anthropologue, j’ai beaucoup appris à travers cette exposition en parcourant un peu les différentes époques de l’histoire, depuis des millions d’années avant Jésus-Christ, le processus de construction de l’homme avec les expositions d’écrans découverts au Kenya, dans la vallée de Lomo , au Tchad, dans d’autres régions du continent, et les cartes qui exposent les premières sorties de l’homme du continent africain pour aller vers l’Asie, l’Europe, et la deuxième sortie du continent.
Tout ça, des millions d’années avant aujourd’hui. Et aussi l’évolution de l’homme, de l’Homo erectus, de l’Homo habilis, de l’Homo sapiens, ces différentes variantes qu’on a pu observer sur le continent et en dehors du continent, avec leurs tracés d’évolution, c’est extrêmement enrichissant. Et, comme je le disais, l’exposition particulière sur le Pastef fait extrêmement instructive sur la dynamique du changement sociopolitique, sur les obstacles à braver quand on peut générer un changement politique dans un pays.
Et aussi le niveau d’emphase. Quelque chose m’a marqué, quelque chose de particulier, c’est le rituel sacré que les femmes de la Casamance ont décidé de faire pour protéger un destin particulier qui avait pour vocation de révolutionner le Sénégal. Et c’était extrêmement marquant.
Qu’en pensez-vous de l’unité africaine ?
Nous, au sein de l’Union des Jeunes pour la paix et la nation africaine, nous pensons que le devoir de notre génération, c’est justement la réalisation des états généraux.
Seulement cet objectif, il est précédé par un certain nombre de préalables. Et dans ces préalables, bien sûr, la question de la sécurité est une question centrale. Elle est extrêmement importante quand vous parlez de la visite du Premier ministre Ousmane Sonko au Burkina Faso.
Il est important de rappeler l’impératif de la défense collective dans l’espace ouest africain et dans l’espace africain de façon générale. Parce que la menace à laquelle nous faisons face en termes de sécurité, c’est une menace qui transcende nos frontières, c’est une menace qui se métastase et qui s’alimente nos fortes populations qu’elles transforment à millénaire face à l’État et face à l’ordre public. C’est pour cela que, tant que nos états ne prennent pas le pas rapidement pour mettre en place une architecture commune de défense et de sécurité, eh bien, on va avoir encore des années à explorer des pertes importantes et des dégâts qu’on pourrait éviter.
Ici, l’intelligence de nos dirigeants les amène à passer outre les divergences qui peuvent arriver pour aller vers la construction d’une solution collective en mettant nos moyens ensemble, en mettant nos renseignements ensemble, en mettant une architecture commune de défense et de sécurité en place. Cela sera le premier embryon pour aller vers la construction des états géniques. On peut voir avec l’AES, ça a commencé avec la mise en commun des forces de sécurité pour l’objectif de défense.
Et aujourd’hui, on est allé vers une confédération et peut-être qu’on pourrait aller plus tard vers une fédération. Donc, ça prouve que quand on se met ensemble pour les besoins de la défense et de la sécurité, on pose le fondement principal, le sous-bassement principal sur lequel on peut bâtir une nation commune. Il est important de retenir une chose.
Il y a la CEDEAO à l’AES, il y a eu l’UEMOA, il y a eu le G5 Sahel, etc. IL y a eu plusieurs entités sur le chemin. Mais quelle est la constante ? La constante, c’est les peuples ouest-africains. Ces peuples ouest-africains, ils sont d’une même source.
Ils ont, dans l’histoire, par les siècles passés, établi des connexions, établi un système de coexistence, mis en place par un droit des institutions communes et ils ont fermement une volonté commune de bâtir un destin commun. Donc, oui, aujourd’hui, la CEDEAO à l’AES, on connaît une crise, il y a eu une scission avec l’AES, mais ce n’est pas là la question. La question, c’est comment est-ce que les peuples d’Afrique de l’Ouest vont trouver le moyen de mettre en place un mécanisme de protection commune, un mécanisme d’harmonisation de leur système économique, un mécanisme d’unification de leurs forces pour faire face aux défis auxquels ils sont confrontés.
Et pour cela, les dirigeants ne sont pas tenus de rester prisonniers des conflits institutionnels qui opposent la CEDEAO à l’AES. Nous devons pouvoir transformer ça pour mettre en priorité les intérêts des populations en avant de cette solution.
Quelles solutions préconisez-vous à travers votre institution ?
L’Union des jeunes pour la paix, la Nation africaine, est une organisation panafricaine créée par des étudiants africains vivant au Mali en 2008, sur la colline de Badalabougou (Bamako).
Et de 2008 à nos jours, nous nous sommes inscrits dans un processus visant à, on va dire, conditionner la jeunesse à travers des travaux de recherche, à travers des organisations d’activités de projets fédérateurs. Nous avons déjà en 2008 fait un travail dans la région ouest africaine et sahélienne, sanctionné par un rapport qu’on avait présenté aux chefs d’États du Mali, du Niger et du Tchad pour tirer la sonnette d’alarme sur la menace de la sécurité sur le Sahel à l’époque. Nous avions proposé d’ailleurs en son temps la création d’un État-major commun à l’État du Sahel.
Ensuite, nous avons fait aussi plusieurs initiatives dont le PRJT, le processus de réflexion pour une réformation de la gouvernance et de la démocratie, qui s’est passé de 2019 à 2021. Là, à l’heure où nous parlons, nous sommes en train de préparer ici, à Dakar, l’Assemblée citoyenne des peuples d’Afrique de l’Ouest, qui se tiendra pour sa deuxième édition. La première édition, c’était à Bamako en 2022.
Cette fois-ci, ça va être à Dakar, sous la présidence de son excellence, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au King Fadh Palace. C’est les 16 et 18 octobre prochain. Mais le lancement aura lieu le 12 juin prochain, dans un mois, au Théâtre de Verdure du Monument de la Renaissance.
Et cela va réunir des acteurs de la société civile, de la classe politique et du secteur privé de tous les pays de l’Afrique de l’Ouest, et certains viennent d’autres régions du continent africain. Et le thème : « la problématique de la légitimité démocratique et les défis liés à la souveraineté économique et politique des États de l’espace ouest africain ».